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mercredi 4 novembre 2015

BILAN EQUATEUR

ECUADOR

Pourquoi ce pays ? pour ceux qui ne le savent pas encore, j’y ai vécu 4 ans, il y a près de 25 de ça maintenant. 

J’y ai vécu de très belles années, dans un pays magnifique, avec des paysages d’une telle diversité ! J’y ai appris l’espagnol, y ai rencontré mon ami d’enfance, resté mon ami d’adulte, ai aimé tendrement (et parfois méchamment, sale gosse que j’étais) notre femme de ménage, Hilda, très présente durant ces 4 ans, y ai découvert quelques merveilles de la nature et des hommes (les Galapagos, le Macchu, la Cordillère des Andes…) mais surtout, je pense que j’y ai acquis une ouverture d’esprit et me suis rendu compte que le monde n’était pas la France, que d’autres richesses se trouvaient ailleurs. Bref, j’y ai vécu quelques unes de mes plus belles années. 

Par ailleurs, depuis quelques années, j’ai retrouvé sur Facebook quelques anciens amis / camarades d’école, du collège – lycée La Condamine. Diane P. que j’ai même revu il y a quelques années à Champigny, Camilo, David L. que j’avais aussi revu avec Lio à Paris. Jorge Z., avec qui Lio s’est bagarré une fois parce que moi je n’osais pas, Juan Fernando D. Cécila P. dont nous étions amoureux avec Lio, Stephanie G. Voici deux photos de l’époque, au cas où certains liraient ces lignes et qu’ils les auraient perdues. 

Il était donc tout naturel que ce pays figure dans le number 3 des pays à visiter dans ce voyage. 

Nos (mes) attentes, dans le désordre : 
-       revoir ma maison d’enfance 
-       revoir La Condamine, mon école, 
-       revoir La Carolina et y faire un footing, 
-       se balader dans le paramo andin
-       profiter des paysages des volcans andins, 
-       s’immerger en Amazonie, 
-       se baigner dans les piscines naturelles des Galapagos au milieu des otaries, 
-       remanger les K-chitos de mon enfance,
-       revoir Hilda et Elizabeth, sa fille, amie d’enfance de ma frangine,
-       mettre un pied dans l’hémisphère Nord, l’autre dans le Sud, 
-       l’apprentissage des premiers mots d’espagnols des enfants.

Le bilan

Contrairement au Canada, notre rythme de voyage n’aura pas totalement comblé mes attentes, la faute, certainement, aux devoirs qui prenaient pas mal de temps le matin. 

Les plus : 
-      - avoir revu Hilda et Eli. Elles n’ont pas changé. Ça a été un vrai plaisir de les revoir, ainsi que de connaître les enfants d’Eli. Nous avons eu l’occasion, dans un autre article, d’expliquer à quel point ils nous ont touché : malgré une vie pas facile, les petits sont gentils, semblent tenir le cap et sourient à la vie. Vraiment heureux des moments passés ensemble (et heureusement aussi qu’Eli était là au début pour nous expliquer le fonctionnement des bus…) ;
-      - les Galapagos : malgré une première nuit difficile sur le bateau, c’était un des moments forts de ce voyage. Des couleurs, des animaux beaux et bizarres à portée de main, pas de piscine naturelle, mais tout de même une baignade avec des otaries sur une plage de rêve ;
-      - l’Amazonie : malgré une humidité de 150%, les cheveux en vrac de Sandrina, une eau peu amène pour notre peau (surtout celle de Sandrina, qui a quand même réussi à nous refaire de l’acné juvénile à 37 balais…), là aussi un moment fort : une nature dense, presque étouffante, des paysages splendides, une faune variée (qui se mérite), un cuisinier hors-pair, une équipe encadrante attentionnée, bref, une expérience assez unique à vivre ; 
-      - séquence émotion pour moi lorsque, en footing, j’ai foulé la Carolina, retrouvé le skate-parc / bicross, remonté ma rue jusqu’à ma maison ; 
-      - l’accueil de Freddy et Graciela, amis des mes parents, qui nous ont reçu, fait à manger (Nina n’oubliera pas je crois…), nous ont promené ;
-      - les paysages des Andes, qui pelés se verdissent jusqu’à devenir de véritables jungles en plongeant vers l’Amazonie, 
-      - la découverte des batidos, miam !

Les regrets :
-       - avoir supprimé l’étape Chimborazo, majestueux volcan, 
-       - ne pas avoir vu le Cotopaxi, ni aucun des grands volcans, toujours couverts,
-       - ne pas avoir eu le temps, pour tout un tas de raisons, de revoir La Condamine, 
-       - ne pas avoir pris le temps d’explorer le parc de Las Cajas, entre Cuenca et Guayaquil

Ce qu’on ne regrettera pas :
-       - les bus vraiment bondés de Quito, 
-       - les virages des Andes et ses chauffeurs fous,
-       - les nuits en bateaux
-       - la Club et la Pilsener Equatorienne, 
-       - les prix exorbitants des Légos (3x le prix des USA !!)

Et enfin, côté enfants :
Romeo : j’ai aimé la mitad del Mundo, j’ai pas aimé les bus, j’ai aimé l’appartement de Quito,
Nina : les + : l’appartement de Quito, Cuenca, Guayaquil, le repas chez Fredy et Graciela
Antoine : les + : les perroquets et les caïmans d’Amazonie, quand Joaquin (le guide du Cuyabeno) nous a fait faire Tarzan.

Et le bilan en diaporama, sur une chanson de Nación Ekeko (merci Lio, pour la découverte, en plus les enfants adorent). 



mardi 3 novembre 2015

Equateur, J27 à J29 : fin de l'étape

Samedi 31 au lundi 2 novembre
Il est 04H du matin et nous sommes réveillés depuis 1H45. J'en profite donc pour vous raconter la fin de notre aventure équatorienne qui s'achève avec la ville de Guayaquil.
Et pour nous rendre à Guayaquil, nous choisissons de voyager en bus.
Pedant ces 4 heures de trajet je suis ébahie par la beauté des paysages. C'est un grand regret de Mathieu : ne pas avoir pris le temps de découvrir le parc national de las Cajas, à moins d'une heure de Quito et à un peu plus de 4000 m d'altitude. Heureusement nous le traversons.

Puis nous arrivons et sommes saisis par la chaleur humide et le monde qui grouille à Guayaquil.
Nous nous installons, nous habillons léger et partons à la découverte de la ville.
Nous sommes arrêtés par une envie de rafraichissiment à base de lait et de fruit, de glaces pour les enfants avant de nous rendre sur le Malecon, les bords du Rio Guayas aménagés ces dernières années. Une promenade bien agréable, où tous les enfants sont déguisés, haloween oblige.
Et nos enfants tombent sur une attraction qui leur font trop envie alors nous leur offrons un petit moment pour flotter sur les eaux.
Le lendemain nous travaillons un long moment et partons en balade l'après-midi dans un quartier très ancien de Guayaquil : Las Penãs.
C'est un quartier situé sur le Cerro Santa Anna.
Nous partons vers Santa Anna car en haut de ce Mont se trouve un phare avec un beau point de vue sur la ville.
Cette balade est un vrai moment paisible et de trêve dans le bruit quotidien, jour comme nuit, du coeur de la ville.
Ce quartier très populaire est très haut en couleurs et extrêmement surveillé par des vigiles qui sont présents dans tous les recoins par lesquels le touriste pourrait avoir envoie de s'échapper. Ces vigiles surveillent bien que nous allions dans les endroits balisés : pour préserver les lieux, pour notre sécurité... je ne sais pas mais ils ne rigolent pas avec la notion d'"en dehors des clous".
Mais quelle beauté, cela nous fait penser au quartier de la Bocca en Argentine.

Un sacré nombre de marche plus tard, nous arrivons au point de vue :

Et notre dernier jour à Guayaquil est destiné à aller sur l'île Santay : promenade dominicale (sauf qu'on était lundi férié) des locaux. Nous n'avons pas de photos... Mathieu n'était pas inspiré:-)

Et voilà, là nous vivons nos dernières minutes en Equateur.
Il est 05H05 du matin. Les enfants sont debout depuis 1H45 et ils ont une patate d'enfer : je ne comprends pas. Ils n'ont pas montré ne serait-ce qu'un quart de signe de fatigue.
Nous embarquons dans quelques minutes pour Lima : nous y serons pour 07H30.
Et nous devrions être avec nos visiteurs de l'étape d'ici 3 heures je pense : à tout à l'heure Lélé et Phara.
Pour vous autres, nous allons rajouter pendant 3 semaines, 2 nouveaux protagonistes et de nouveaux décors à nos photos pour notre plus grand plaisir!!!! à nous le Pérou!

Sandrina

dimanche 1 novembre 2015

Equateur, J23 à J27 : CUENCA

Mercredi 28 au Samedi 31 octobre
Après un stop d'une nuit à Quito, nous débarquons après 50 minutes de vol dans la 3ème ville du pays (N°1 : Quito / N°2 : Guayaquil) : Cuenca.
Nous avons mis à profit le court temps de trajet pour travailler sur les noms propres et les noms communs (ce sont ceux qui sont pas propres d'après Antoine : ahahaha!!).
Cuenca est une ville provinciale où on sent qu'il fait vraiment bon vivre malgré le climat que j'ai trouvé un peu bipolaire.
Le matin, il fait souvent beau et chaud. C'est à ce moment là que nous travaillons  : malin non?
Et l'après midi quand l'orage éclate et qu'il pleut, nous partons en balade : impeccable!!!
Ou est ce peut-être une technique pour s'autoriser une sieste après le déjeuner....ou une manucure (ben oui à 3$50 c'est tentant).
Justement parlons un peu des manucures, pas de l'acte esthétique en tant que tel mais de ce qu'il permet.
Lors de ces moments, je pars seule pour une trentaine de minutes. Et souvent je discute (comme je peux) avec la personne qui s'occupe de moi.
On apprend plein de choses sur le mode de vie des gens. J'apprends ainsi à Quito qu'il y a beaucoup d'émigrés cubains dans le pays car c'est une terre d'accueil facile comparée aux autres pays andins. J'apprends aussi, HORREUR, qu'en Equateur Madame Michu accouche sans péridurale. Les femmes souffrent le martyre. Pour autant, la personne qui me racontait cela a 4 enfants : quel courage.
Bien sûr ces femmes me demandent ce que je fais là. Sauf qu'après qu'elles m'aient raconté un peu leur vie, j'ai toujours un peu honte d'expliquer que nous nous payons un an de voyage quand elles savent à peine ce que veut dire partir en congés.
Mais à chaque fois, elles me répondent : "Suerte" et reprenant l'explication de leur quotidien.
Et je me faisais la réflexion que quand je vais chez le coiffeur en France, je prie pour que ma coiffeuse soit d'humeur maussade et n'aie pas envie de parler.
Là, je me régale à les écouter.
Ensuite c'est l'heure des balades et nous partons à la découverte de la ville.
 
Et nous tombons le soir sur un concert de musique traditionnelle équatorienne organisée par la ville de Cuenca : quelle chance!! Cela réveille nos saltimbanques et les met en joie.
Puis après une bonne nuit de sommeil, l'école du matin, nous repartons nous promener, au rythme de la ville : doucement mais surement...


Nous avons passé un moment paisible et serein dans cette ville avant d'arriver dans la tourbillonnante Guayaquil!!!

La classe 1

Jeudi 29 octobre, Cuenca, Ecuador

Voilà, cela fait 2 mois que nous voyageons, et je pense avoir assez de matière pour tirer un premier bilan de l'enseignement que nous prodiguons affectueusement et patiemment à nos trois chérubins (hum hum..).

Tout d’abord, pourquoi en faire un article spécifique ? parce que je suis surpris que ça ne soit pas plus détaillé que ça dans les blogs que j’ai pu consulter lorsque je rêvais et préparais le tour du monde, alors que ça me paraît être un aspect crucial d’un voyage de ce type. J’ai fini par en déduire que l’enfant enregistrait tellement de choses pendant ce type d’expérience, que ça l’enrichissait dans tellement d’autres domaines que les matières scolaires,  que finalement, l’école par les parents n’était pas un souci. Et les quelques retours de personnes que nous connaissons de près ou de loin qui ont vécu cette aventure confirmaient cette hypothèse. Pour autant, Sandrina n’est pas femme à se laisser porter par le vent, par les « on verra bien », contrairement à moi. Elle a donc pris les choses en main, fait le tour de ses copines (merci Marion), famille (merci Gui-gui – ça te dérange pas ce petit surnom hein ;), et maîtresses (merci aux 3 maîtresses qui se reconnaîtront) et a rapidement intégré tout le programme scolaire des enfants. Et en a déduit un rythme journalier : 2h par jour. Outch ! Alors quand Mmes B. et W. nous ont dit que ce serait trop, qu’on ne tiendrait pas le coup (nous parents), que de toutes façons, les enfants apprendraient quoiqu’il en soit, quel soulagement pour moi….

On s’est quand même dit avec Sandrina que ce ne seraient pas les ballades dans les forêts boréales du Québec, les visites des gratte-ciels new-yorkais, les grimpettes sur les volcans sud-américains, les baignades avec les otaries des Galápagos qui enseigneraient à Antoine à distinguer 40 de 80 (et quelle galère, j’vous jure !), ou à Nina à accorder les participes passés (c'est encore un peu duraille), bref, à retenir quand même un minimum de leçons qui leur seront utiles l’année prochaine. Donc, nous avons décidé d’essayer de maintenir ce rythme. Et contre toute attente, nous y arrivons tant bien que mal. Il peut arriver qu’on ne travaille pas du tout (cause qu’on prévoit un trop chouette truc à voir), comme il peut arriver qu’on fasse 3h dans la journée, bien installés, ou 1h de cours assis n'importe comment par terre. On s’approche donc bien des 2 heures quotidiennes.
C’est vrai aussi que nous avons démarré fort. Dès le 1er septembre, dans l’avion pour New-York !!

1er septembre, c'est la rentrée dans l'avion
On met à profit chaque moyen de locomotion un peu tranquille pour travailler. A l’aller et au retour de New-York, dans l’Amtrack, train qui fait l’unanimité dans la famille. Dans le camping car (c’est pas arrivé souvent, ça bouge, on s’entend pas trop, pas idéal comme conditions), dans les avions.

 dans l'Amtrack, le train pour Montréal
 à l'aéroport de Lago Agrio, Equateur, et dans l'avion pour Quito
Mais le gros des cours a lieu dans nos logements, c’est à dire les appartements que nous louons pour quelques jours, le camping-car, les hôtels. Et parfois, dehors, dans des environnements bien agréables.
dans l'appartement de NY, où il faisait chaud et celui de Quito, un peu plus frais...


  au Canada, dans le camping-car et sur les tables de pique-nique avec papi et mami qui ont donné le coup de main en maths et pour la lecture


aux Galapagos, sur le bateau, quand ça tanguait un peu ; j'ai pris les photos puis suis vite parti à l'air libre...
Alors, c’est vrai que pour l’instant, nous avons fait la partie « facile » du voyage : appart à NY et Quito, camping car au Québec, des conditions « luxe » pour travailler. Et malgré deux excursions en Amazonie et aux Gala, que nous avons considéré comme de vraies vacances, nous avons réussi à maintenir le rythme. 

Après les Galápagos, nous entamerons une partie du voyage beaucoup plus itinérante où nous ferons de nombreux sauts de puce, dans des conditions un peu plus roots. Et puis Laurent et Phara nous rejoignant pour 3 semaines, on va éviter de leur faire subir des matinées un peu bloquées par les devoirs (ou alors, ils pourront donner cours pendant qu'on va se promener tranquillement - cette parenthèse donnera-t-elle lieu à un commentaire de leur part??). Une nouvelle étape arrive, on vous racontera.
espérons que la suite de l'école ne se passe pas dans ce genre de conditions, comme à l'aéroport de San Cristobal,
au retour des Gala...
En règle général, la classe se passe ainsi :
On débute entre 9 et 10h (selon la fatigue). Puis on bosse entre 1h et 1h30, puis pause de 15 à 30 min, puis rebelote pendant bien 40 min. On finit souvent vers 12h/12h30. Ensuite, le reste de la journée nous appartient pleinement (parfois, en ballade, on continue oralement les chiffres avec Antoine et calcul mental avec Nina et Romeo).
Il peut aussi nous arriver, lorsque la concentration n’était pas au rendez-vous le matin, de remettre le couvert en fin d’après midi.
 quelques soirées à travailler ou retravailler un peu, si ça baillait trop le matin
Enfin, la classe est parfois remplacée par des enregistrements d'exposés oraux que les enfants préparent pour leurs classe respective. ça demande pas mal de répétition pour que le phrasé soit le plus fluide possible, ça ressemble parfois plus à du théâtre qu'à un cours, mais ça plait à tout le monde et ça créée un vrai lien avec la classe, qui nous le rend bien. Les enfants ont été super contents de voir en photo leurs camarades de classe, de savoir que leurs exposés étaient écoutés, que cela suscitait des questions, bref, c'est un très bon outil à la fois pédagogique, mais aussi social.

ce que les enfants ont retenus de l'exposé de la classe de CE1 sur la tour de Pise
Ça, c’était pour le rythme. Parlons maintenant des relations élèves-profs et de notre nouveau métier.

Le comportement des parents
Bin…c’est pas simple. Au début, nous passions, Sandrina et moi, notre temps à hurler, surtout sur Antoine, le pauvre petit. Et Nina en prenait aussi (par Sandrina) quand elle ne se concentrait pas. Faut dire aussi qu’au début, ils ont eu tendance à tester nos limites : je ne suis pas certain qu’ils se permettaient, l’année dernière, de pousser des soupirs d’ennui, de rouspéter, de dire tout haut « j’en ai marre », etc. Et puis, d’une certaine façon, nous avons 3 niveaux assez différents. Même si ça commence à se niveler en un vrai CM2 et un CE1 homogène, au départ ce n’était pas facile.

Maintenant, je me suis calmé, Sandrina, elle continue d’hurler (hihi, c’est le privilège de l’auteur, il peut tordre la réalité comme il le veut…mais comme je sais que Sandrina va relire, je vais rétablir la vérité). Non, sérieusement, on va mieux, d’une part car on prend nos marques, d’autre part car on apprend la patience, la pédagogie, chose qui est loin d’être innée. Un grand chapeau aux profs qui arrivent à rester calmes avec des classes remplies d’enfants (j’espère secrètement que ça vous arrive d’hurler sur vos propres enfants ;). Bon, tout de même, Sandrina se met encore en colère parfois, mais à sa décharge, au fil du temps, c’est elle qui assure de plus en plus les devoirs, seule. Pendant que moi je regarde ce qu’on va faire, comment le faire, à quel prix, ect. Mais je suis encore présent, hein ?!, mais plus en appui quand les 3 assaillent Sandrina de questions « t’as écrit quoi là ? » « mais je comprends pas… » « j’en aiiii maaare ! ».

Et là où je suis scotché, c’est que lorsque que je dis à Antoine et Romeo, allez, aujourd’hui, c’est moi qui m’occupe de vous…tollé général : « non, c’est MAMAN, toi tu sais pas faire les jeux qu’elle nous fait » (tu parles, une dictée de mots où ils comptent leurs points à la fin…je sais très bien faire !). Et quand je dis « mais maman elle crie, moi beaucoup moins », ils me répondent « c’est pas grave ». Va comprendre Charles Baudry – petit jeu d’mot – c’est pour voir si Coco lit ces lignes ;).
Donc, moi, je m’occupe plus souvent de Nina. Mais avant, je vais d’abord prendre mes ordres chez la directrice Sandrina qui m’indique le programme à suivre pour la matinée.

Pour finir sur le « côté » parents, un truc qui nous manque beaucoup pour être plus efficace, c’est la préparation des leçons. Sandrina a fléché le programme à l’année, ça lui a pris pas mal de temps, mais au quotidien, un simple exercice type « fiche d’un pays » nécessiterait que nous prenions 20 mn seuls, avant, afin de faire le tri, de préparer les informations importantes. En général, on fait ça en live, c'est donc plus long. 

Enfin, il faut souligner un point très positif dans ce travail, du moins pour moi, c'est que je réapprends la langue française. J'utilisais jusqu'à présent l'imparfait de l'indicatif sans même savoir que ça s'appelait comme ça (je plaisante qu'à moitié...). Réapprendre ce qu'un adverbe, un épithète, ouahhh, ça me nait un bien fou...bon, je ne vais pas trop m'éterniser sur le sujet, des fois que mes employeurs liraient le blog...

Le comportement des enfants
Comme je le disais, au départ, ils testaient pas mal les limites. Maintenant ça va mieux. Eux aussi ont dû prendre leur marques : pas évident de travailler des fois le matin, des fois l’après midi, des fois en roulant, des fois 30 mn, des fois 2h…. Et quand on leur rappelle que leurs copains passent des journées entières en classe, Nina, qui a la répartie de sa mère, contre-argumente : « oui mais eux, ils ont plus de récrés, plus longtemps » « pi le samedi et dimanche, ils travaillent pas, nous oui » « et Nassera elle me crie pas dessus quand je comprends pas ». Des fois ce sont des arguments bidons, des fois ça fait mouche…

Nina nous a d’ailleurs bien fait rire le 17 octobre : après une conversation par watsap avec sa copine Léna (Léna, Nina, adore te parler pour que tu lui racontes tout sur la classe), elle raccroche en nous disant « ohhh, ils ont trop d’la chance à Champigny, ils sont en vacances ! ». On était sciés avec Sandrina.


Mais bon, on sent aussi qu'il faut pas trop relâcher la pression. Ces derniers jours, aux Galapagos, il était un peu dur de travailler sur le bateau. Sandrina a tenté le coup une ou deux heures, chapeau à elle et aux enfants car moi j'étais allongé sur le pont, les yeux fixés sur l'horizon pour que le mal de mer ne m'envahisse pas. Du coup, quand nous reprenons le travail plus sérieusement, installés confortablement à l'hôtel à San Cristobal, on sent de sérieux retours en arrière chez Antoine (ahhhh reconnaître les sons "é" et "è", le "gu" du "g", le 40 du 80....) et de sérieuses réticences de Nina (Romeo étant celui qui roule le mieux soit dit en passant, surtout en maths, où il nous scotche vraiment). C'est très temporaire, ça revient assez vite mais ça nous laisse éreintés... Et puis il faut parfois suspendre les devoirs pour cause d'imprévus, des défilés dans la rue par exemple, comme à San Cristobal.
à l'hôtel de San Cristobal, Galapagos, difficile pour moi d'être concentré face à la vue que l'on a depuis la terrasse...
...et quand la parade défile pendant les devoirs, alors c'est la récré
Voici donc le premier bilan de ces 2 premiers mois, et si l'on devait résumer en quelques mots : ça prend du temps mais c'est essentiel. Et enseigner est un vrai talent (que nous n'avons pas...), alors tout mon respect aux profs qui prennent leur métier à coeur et je sais qu'ils sont nombreux.  

A suivre...

Mateo