Affichage des articles dont le libellé est quotidien. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est quotidien. Afficher tous les articles

samedi 9 avril 2016

La classe, partie 2.

Samedi 9 avril 2016.

Bon, j'avais commencé un article fin janvier, avant de retrouver famille et amis en Thaïlande, pour faire un bilan à presque mi chemin de notre voyage. 

Alors..bon..je l'ai commencé, puis l'ai un peu oublié. Je reprends donc cet article aujourd'hui et vous le livre tel que je l'ai écrit à l'époque. Je ferais prochainement la partie 3 (vu ma grande réactivité, peut-être après notre retour ;)


La Classe II…le retour.

Fin janvier, début février 2016.

Après une séance un peu sportive d’école avec Antoine, où Sandrina s’est énervée, Antoine s’est énervé et moi aussi m’ai énervé (si si on dit comme ça), vient la séance de réconciliation entre Tonio et Sandrina.

Sandrina lui dit « mon pauvre Antoine, t’as pas de chance d’avoir une maman comme moi, heu…pardon, une institutrice comme moi ». Sur quoi Tonio répond : « nan t’es une gentille maman, c’est quand c’est l’école que ça va pas ».
Ensuite, Sandrina lui dit « tu comprends pourquoi je ne pourrais pas être institutrice ? » et Antoine de répliquer « ah oui, y’aurait pas d’enfants dans ta classe. Ils partiraient de l’école. »

Ensuite, Antoine imagine une matinée type de Sandrina la maîtresse : « Tu arriverais dans ta classe, et là, y’aurait personne. Alors tu prendrais ton téléphone et t’appellerais les enfants et là, quand ils décrochent, tu dirais Allôoo et ça ferait tuuutt…tuuttt… (sous entendu, ce sont les enfants qui font tuuut…tuuuut». Héhéhé, il est plein d’imagination ce Tonio non ?

Bon, tout cela pour introduire « la classe 2 ». 3 mois après le premier billet, qu’est ce qui a changé, où nous sommes nous améliorés, où nous sommes nous plantés ?

Premièrement, l’évolution très notable, c’est que c’est désormais bel et bien Sandrina qui tient la classe à bout de bras, contre vents et marées. Le vent, ce sont les enfants, qui parfois soufflent de sacrées bourrasques, les marées, c’est moi, qui va et vient alors que je devrais être présent, tout le temps, un phare sur un roc, voilà ce dont la maîtresse a besoin.

Donc, Sandrina est THE maîtresse. J’en ai vraiment pris conscience lorsqu’il y a deux mois, à peu près (en novembre/décembre donc), elle écrit un mail à Sylvie pour lui donner des nouvelles et prendre conseil sur l’avancement des enfants. Et le titre de son mail est du genre «  des nouvelles de l’institutrice ». Pas des « instituteurs », non, de « l’institutrice ». Donc, là je me dis, je suis vraiment out. Et j’en prends encore plus conscience lorsque je vois Sandrina qui craque de temps en temps et dont les colères, lors des devoirs, ne diminuent pas. Faut dire, elle assure 3 gamins en même temps, de 3 niveaux différents, qui de surcroit sont ses enfants, bonjour ! Notez, à ma décharge, que je ne fais pas rien pendant ce temps, hein ! J’organise la suite du voyage, classe les photos (ah, vous croyez que c’est simple ? bin détrompez-vous), prépare la popote, bref, je bosse, mais c’est vrai que je ne me tue pas la santé mentale…

Par rapport au rythme scolaire, nous, ou plutôt, Sandrina a recadré sérieusement les choses (au profit des enfants) : après le Brésil, elle a changé de stratégie. La classe est organisée selon un temps horaire, et pas forcément  sur une notion qu’elle souhaitait leur enseigner. Après une grosse crise entre moi et les enfants, pour préparer l’exposé sur le Brésil, nous nous sommes dits qu’il serait donc plus raisonnable maintenant de travailler 2h par jour, pas une minute de plus, et 6 jours sur 7. Bon, au final, c’est pas évident, surtout lorsqu’Antoine et Romeo perdent bien 1h à râler sur un exercice, à faire tomber et à ramasser leurs crayons/stylos (uhhhhmmm bon sang que ça nous énerve ça !!!), on souhaite dans ces cas là « rattraper » ce temps perdu et la classe dure donc toujours un peu plus que 2h.
Pour la journée libre, c’est généralement une journée de transport. Mais bon, je pense que finalement, cette organisation n’était pas plus mal : en somme nous avons pris un peu d’avance, ce qui va nous permettre de nous permettre de lever un peu le pied. Et ça va arriver forcément. Je pense que notre voyage en Asie ne va en rien ressembler à notre première partie de voyage. Beaucoup plus d’itinérance, de transports terrestres, de conditions moins confort, bref, après une première semaine passée en Thaïlande, et maintenant que nous avons une idée plus claire de notre itinéraire en Asie, nous ne pourrons pas prodiguer à nos chérubins les 2h d’école quotidienne.

Autre chose que Sandrina a changé : on ne les fait plus travailler dans les avions, du moins les moyens ou longs courriers qui disposent de tablette TV avec tous les jeux, films, dessins animés récents. Ils sont comme fous et torchent leurs devoirs pour pouvoir profiter de ces trajets multimédias. Et comment, moi, je pourrais leur en vouloir (je les soutiens à fond en fait, et Sandrina doit se bagarrer contre 3 enfants et 1 adulte – dur combat – qu’elle gagne quand même, puisque qu’au bout d’un moment, je la soutiens - je ne suis pas totalement dépourvu de conscience).

Dernière évolution récente : après les engueulades avec les enfants, venaient les engueulades entre parents. Sandrina est très exigente alors que moi...je le suis peut être un peu moins ? ou disons plutôt, plus confiant pour leur scolarité future. Comme d’habitude, la vérité se situe sûrement entre les deux. En même temps, nous sommes à un peu plus de la mi-année et Romeo et Nina arriveront bientôt au bout du programme de leurs niveaux, quant à Antoine, il est finalement tout à fait dans la norme, il prend juste plus de temps à l’allumage (vraiment beaucoup plus), mais après ça va, en tout cas, lorsqu’il veut bien s’en donner la peine.
Donc, nous avons repris un peu l’organisation et je suis désormais plus présent. Disons que je m’occupe essentiellement d’Antoine, surtout pour les maths, pendant que Sandrina assure avec les 2 autres. Ça ne résout pas tout, loin de là, mais il y a un peu moins de tensions maintenant. Encore moins maintenant que ce sont les vacances scolaires. De vraies vacances scolaires : pas de classe pendant 15 jours, le temps de profiter de nos potes et famille en Thaïlande. Les enfants n’en n’ont pas connu depuis le début du voyage finalement. Ils ont eu 4 jours plein de vacances à Noel, et de temps en temps, des journées sont neutralisées par les transports, mais globalement, ils bossent depuis le 1er septembre.

Voilà rapidement où nous en sommes avec les enfants, en terme d’organisation. Pour ce qui est du ressenti et de l’avancement des petits, je dirais que ça roule toujours avec Nina. Sandrina ne supporte pas de la voir faire semblant de réfléchir sur des problèmes, alors qu’elle attend en fait qu’on lui souffle la réponse (en tout cas c’est une stratégie qui fonctionnait très bien pour moi avec ma mère). C’est vrai que c’est son point faible, mais d’un autre côté, je pense que c’est son seul point faible, donc, pas de quoi fouetter un chat (Nina serait sûrement d’accord avec moi si je le lui disais). Ce sont les seuls véritables points de friction avec elle en matière de devoirs.
Romeo, il carbure, même trop vite, c’est son problème. Il sait qu’il est doué (on le lui répète assez), du coup il se croit invulnérable. D’une part il va trop vite, donc c’est source d’erreurs, d’autre part, ça lui monte à la tête et il nous répond. Ça nous met hors de nous. Ces derniers temps, les rapports musclés, c’était avec lui. Donc, on va arrêter d’avancer et simplement reprendre les notions, réviser. Ça lui fera du bien de reprendre des exercices plus à sa portée et j’espère, détendre les relations profs/élève.
Enfin, Antoine, lui qui nous a donné tellement de soucis au début, il continue à nous en donner. Non, je rigole, ça va beaucoup mieux. On a arrêté de s’inquiéter au sujet de ses difficultés d’apprentissage (bon, heuuu hem, vous verrez dans la Classe - partie 3 que nos inquiétudes, enfin, celles de Sandrina, ne sont pas encore tout à fait envolées). Comme je le disais au début, il est long à la détente, mais ça se détend tout de même. Après, certaines notions sont assez cafouilleuses, même encore aujourd’hui. Confondre 50 et 60, arrrgghhhh ça nous fait enrager, mais à priori, c’est plus de la mauvaise attention qu’une réelle régression. Etonnamment, les maths nous posent désormais moins de problème que le français. Mais nous sommes confiants. Et lui tant qu’il peut jouer avec ses légos après, tout va bien.

Voilou les amis, j'écrirai certainement un troisième article d’ici deux ou trois mois pour vous dire comment s’est déroulé l’école dans la chaleur du Laos, sur les bateaux du Mékong, près des cascades des Bolovens, sur les tables des gargottes vietnamiennes, en espérant que le bilan soit bon (pas vraiment pour la scolarité, mais plutôt pour les relations familiales!-)

Enfin, une dernière chose : quand je dis que Sandrina est une sacrée maîtresse, ce n’est pas juste suivre un programme et l’enseigner aux enfants, non, c’est noter l’avancement de l’enfant, est-ce qu’il est en retard en avance, quelle notion approfondir, à quel moment, quand la mettre de côté pour revenir dessus 2 semaines plus tard. C’est un vrai boulot, un vrai casse-tête qui lui prend donc beaucoup plus de temps que d’enseigner 2 heures par jour. Je suis admiratif de ce qu’elle fait, et je me dis qu’à la fin de notre voyage, non seulement nous aurons vécu un formidable voyage, mais en plus, nous pourrons nous dire (surtout elle, vous m’aurez compris), que si nous enfants passent dans la classe supérieure, c’est grâce à nous. Et on n’en est pas peu fier.

Mathieu

Et pour agrémenter cet article, quelques photos, qui sont certainement déjà parues dans des articles précédents. Bon, elles ne sont pas toutes représentatives de ce que j'ai écrit juste au-dessus, parce que je n'ai généralement pas la présence d'esprit de choper mon appareil et prendre Sandrina en photo lorsqu'elle crie, ou de demande à Nina de me prendre en photo lorsqu'on s'engueule avec Sandrina. Mais, pour le prochain article, je vous promets d'essayer ;)

ambiance studieuse à Ushuaïa

                                 toujours des situations de travail un peu abracadabrantesques
                                     nina qui se substitue à Sandrina quand elle n'en peut plus


     toujours quelques sorties scolaires, pour rompre la monotonie des cours (bon, là, ils sont calmes, mais on doit hurler pour qu'ils ne jouent pas à chat dans les musées...)

                
celles-là, vous devez les avoir déjà vues. Les vacances scolaires démarrent (c'était juste avant la Thaïlande). Ils sont heureux non ?
                                               
             et les profs, KO. Vivement les vraies vacances, le 15 juillet (hé heuuu, je rigole hein?!)

samedi 6 février 2016

Objets perdus, partie 2

Dimanche 7 février, Franz Joseph Glacier, Nouvelle Zélande.

Eh oui...je vous avais bien dit qu'il y aurait une suite. Selon ma longue expérience de grand perdeur d'objets (j'ai commencé tout petit petit), je pense qu'il y aura même une suite à cette suite. Espérons que non, mais si on devait parier, je parierai contre moi (et les enfants, du moins Tonio et Romeo - Nina ayant pris de Sandrina). Donc, la suite, sans ordre d'importance :

- le tire-bouchon-décapsuleur que Pépine avait acheté au Canada. Bon, il a pas vraiment été oublié, mais disons que je l'avais gardé dans un sac à dos qui restait avec nous en cabine pour prendre un avion. Il a pas passé la sécurité. Les enfants au départ étaient très tristes, mais amusés qu'il aille rejoindre ciseaux, petites haches (si si), couteaux dans des boites en verre prévues à cet effet. Il a failli m'arriver la même chose 1 mois plus tard avec mon opinel (qui était cette fois resté dans ma poche...). J'ai dû aller ré-enregistrer un de nos bagages pour le mettre en soute.

- la veste de Romeo. Aïe, coup dur et grosse colère de Sandrina. Moi très dégouté. Une super veste Northface achetée en promo au Vieux Campeur, super bien. Perdue sur plage à Ushuaïa. Romeo l'avait accrochée à sa taille puis en jouant...pfffuit! On ne s'en est aperçu que le lendemain, on a même revu les photos prises la veille pour retracer le parcours. On y est retourné et on a cherché, mais tu penses bien qu'une veste comme ça, on la prend. Du coup, obligé de lui reprendre une veste de pluie. Très bien et pas trop cher, mais pas de la même qualité et lui allant beaucoup moins bien. Zut et re-zut!!

- Masque de plongée, il me semble que Sandrina en a déjà dit 2 mots. Alors là! les vraies grosses boules, mais tout de la faute de la femme de ménage hein!. Donc, j'achète 4 masques de plongée, pour les 3 marmots et pour moi. Arrivés à la pousada (c'était à Paraty), on déballe ceux des enfants, qui veulent absolument les essayer dans la piscine et je laisse le mien dans son emballage, lui-même dans un grand sac an papier. Pour pas en mettre partout, je range les emballages des masques des enfants dans le sac en papier, au-dessus de mon masque donc. Je laisse le tout ainsi durant 24 heures, jusqu'au moment où je m'écrie "ciel!! mon masque de plongée", "Sandrina, toi qui sais tout, où est-il?". Bref, je me creuse les méniges et ça fait enfin TILT (vous voyez que ça m'arrive de temps en temps). Bref, on ne retrouve plus le sac, la dame de ménage est passée et a tout bazardé. Elle dit qu'elle a regardé dedans avant mais comme c'était le bordel dedans (et qu'elle a pas dû si bien regarder que ça), poubelle. Je venais de publier "objets perdus, parie 1"....

- la casquette de Nina : après une journée à la plage de Copacana, à Rio, elle est pleine de sable. Je la prends et la secoue fort par la fenêtre pour enlever le sable. Et ce qui devait arriver arriva, elle m'échappe des mains. Pour atterrir où ? un endroit inaccessible. Bye bye la casquette. Bon, j'en ai retrouvé une toute belle pour ma Nina, en Nouvelle Zélande. Ouf.

- mon couteau suisse. Bon, pas vraiment perdu normalement. Juste oublié chez Lio. Je dis normalement car je n'ai pas encore pensé à lui demander s'il était bien là-bas. J'avais acheté ce couteau suisse pour avoir un ouvre boîte, ce qui est super pratique dans notre cas. Pour le moment, cette perte n'est pas trop préjudiciable car les appart / hôtels où nous allons on tous des ouvre boites. Certains sont même attachés par une chaînette preuve que ce genre d'ustensiles est très prisé par les voyageurs.

- l'adaptateur câble HDMI pour connecter le Mac à une télé. Oublié chez Lio. Donc pas vraiment perdu non plus. Mais impossible de continuer le voyage sans cet outil absolument nécessaire pour regarder de temps en temps un petit film en famille dans de bonnes conditions. J'ai don pu en retrouver un à Wellington. Et là où je suis fier, c'est que j'ai fait tout ça tout seul comme un grand, en anglais. Vous imaginez ? Moi spiquer inglich ? Corine, tu comprends maintenant mes réticences à expliquer le projet des Batignolles à un groupe de japonais ou d'amerloques ?

Et voilà, c'est tout pour l'instant. Du moment qu'on perd pas les enfants, c'est le principal. Mais, bon, vu le ramdam qu'ils font, y'a peu de chance.

A bientôt pour la partie 3 !

Mathieu

mercredi 2 décembre 2015

Objets perdus, partie 1

Brésil, Paraty (prononcez Paratcchhy - le brésilien est une langue très déstabilisante), pousada d'Aurora (vous saurez bientôt pourquoi et comment nous avons fini dans cette charmante pousada), 

le 2 décembre 2015,

La première partie du titre se suffit à elle-même non ? pour la seconde partie, c'est simplement que ça n'est que le début, enfin j'imagine. Sandrina espère que non, mais moi, je suis assez fataliste comme gars, et je pense que ça arrivera encore.

Alors, depuis 3 mois qu'on est parti, nous avons perdu, par ordre chronologique : 

- le lecteur Mp3 de Romeo, acheté pour son anniversaire, oublié sur le bateau des Galapagos. Heureusement, nous nous en sommes aperçus avant que le bateau ne parte et j'ai même pu y retourner (sur le bateau). Plus de peur que de mal donc.

- les 3 masques de piscine des enfants + mes lunettes de piscine. Sur le bateau des Gala. Ne retournant sur le bateau que pour le Mp3, je n'ai évidement pas songé à aller voir sur le pont supérieur où je les avais laissé séché...(non, pourquoi ce serait ma faute ? les enfants pouvaient pas faire gaffe non ?). Ca tombait à pique, juste avant les après midi plage aux Gala...les enfants étaient ravis de ne pas voir le fond de l'eau et les petits poissons colorés...

- les doudous des enfants + à la même occaz' : le lecteur Mp3 de Romeo (de toutes façon, je le trouvais assez pourri - très très cher et assez pourri) et le sac ILove Paris de Nina, qui contenait tout ça. Grosse, grosse, très grosse erreur de la part des parents et de Lélé et Phara (meuhhh non, j'rigole). Vrai coup de tristesse pour tout le monde. Etonnament, avec 1 mois de recul, les enfants semblent mieux absorber le coup que les parents (en tout cas, que moi, car quand j'pense à eux...j'ai la vie qui m'pique les yeux, j'ai mon pt'tit coeur qu'est tout bleu, dans ma tête j'crois bien qu'il pleut♩, pas beaucoup mais un petit peu ♫©RS...). Merci aux doudous salvateurs, merci à Léléphara. 

- T-shirt blanc de Sandrina (mais si, le blanc, vous savez bien. Un T-shirt...blanc. Avec des manches même. Vous voyez non ?). Oublié on ne sait pas où, sûrement une laverie. Sandrina était vraiment pas contente (moi m'en fichait un peu je dois dire. Même si je l'aimais vraiment beaucoup ce t-shirt! un t-shirt blanc comme ça, quand même!). 

- le gilet Décathlon de Mathieu. Un chouette gilet, qui m'allait bien. Oublié (ou gardé) dans une laverie. Quand Sandrina s'en est aperçue, j'y suis retourné, mais laverie fermée. Et on partait pour le Brésil pendant la nuit. Un peu deg. Mais quand même moins que pour le T-shirt de Sandrina...Et comme c'est entièrement de la faute de Sandrina (elle a quand même mis 4h avant de se rendre compte que la laverie s'était gardé mon gilet), je lui en ai beaucoup voulu...

- un pyjama de Nina. Perte la plus récente, à priori, oublié sur un lit à Sao Paulo. Pyjama offert par Léna, donc perte sentimentale. Là encore, pas de ma faute. OK, j'étais chargé d'inspecter la chambre. Mais j'ai bien regardé partout (sauf peut-être entre les matelas, ou sous les draps), et j'ai rien vu. Moralité : Nina aurait dû ranger ce pyjama correctement. Je l'ai bien engueulé, vous inquiétez pas (déjà qu'elle fait pas attention à ses doudous... - ouhhhh làààà, je sens qu'on va rouvrir le fameux débat "peut-on rire de tout"?). 

- notre patience : bon, on la retrouve quand même. Mais lors des devoirs, notamment avec notre Tonio l'Embrouille, lors des couchers, ou encore lors d'une rencontre avec une charmante brésilienne qui semble se foutre complètement de nous alors qu'on entrav' nada à ce qu'elle dit, dans ce genre de cas, notre patience semble de perdre entre nos deux hémisphères de cerveaux, disparaître à l'arrière d'un taxi de rempli de furie, sécher sous le soleil meurtrier de nos colères éclatantes, bref, elle fout l'camp.

Voilà, en 3 mois c'est déjà pas mal. Il est étonnant que je n'ai pas encore perdu ma CB, mon slip, mon passeport (bon, ça non en fait ; mon passeport, c'est Sandrina qui le garde)...

Suite dans quelques mois. 
Bises (même à ceux qu'on connaît pas : d'après les stat' de Google, y'a du monde au Burkina qui nous lit...)

Mathieu

dimanche 1 novembre 2015

La classe 1

Jeudi 29 octobre, Cuenca, Ecuador

Voilà, cela fait 2 mois que nous voyageons, et je pense avoir assez de matière pour tirer un premier bilan de l'enseignement que nous prodiguons affectueusement et patiemment à nos trois chérubins (hum hum..).

Tout d’abord, pourquoi en faire un article spécifique ? parce que je suis surpris que ça ne soit pas plus détaillé que ça dans les blogs que j’ai pu consulter lorsque je rêvais et préparais le tour du monde, alors que ça me paraît être un aspect crucial d’un voyage de ce type. J’ai fini par en déduire que l’enfant enregistrait tellement de choses pendant ce type d’expérience, que ça l’enrichissait dans tellement d’autres domaines que les matières scolaires,  que finalement, l’école par les parents n’était pas un souci. Et les quelques retours de personnes que nous connaissons de près ou de loin qui ont vécu cette aventure confirmaient cette hypothèse. Pour autant, Sandrina n’est pas femme à se laisser porter par le vent, par les « on verra bien », contrairement à moi. Elle a donc pris les choses en main, fait le tour de ses copines (merci Marion), famille (merci Gui-gui – ça te dérange pas ce petit surnom hein ;), et maîtresses (merci aux 3 maîtresses qui se reconnaîtront) et a rapidement intégré tout le programme scolaire des enfants. Et en a déduit un rythme journalier : 2h par jour. Outch ! Alors quand Mmes B. et W. nous ont dit que ce serait trop, qu’on ne tiendrait pas le coup (nous parents), que de toutes façons, les enfants apprendraient quoiqu’il en soit, quel soulagement pour moi….

On s’est quand même dit avec Sandrina que ce ne seraient pas les ballades dans les forêts boréales du Québec, les visites des gratte-ciels new-yorkais, les grimpettes sur les volcans sud-américains, les baignades avec les otaries des Galápagos qui enseigneraient à Antoine à distinguer 40 de 80 (et quelle galère, j’vous jure !), ou à Nina à accorder les participes passés (c'est encore un peu duraille), bref, à retenir quand même un minimum de leçons qui leur seront utiles l’année prochaine. Donc, nous avons décidé d’essayer de maintenir ce rythme. Et contre toute attente, nous y arrivons tant bien que mal. Il peut arriver qu’on ne travaille pas du tout (cause qu’on prévoit un trop chouette truc à voir), comme il peut arriver qu’on fasse 3h dans la journée, bien installés, ou 1h de cours assis n'importe comment par terre. On s’approche donc bien des 2 heures quotidiennes.
C’est vrai aussi que nous avons démarré fort. Dès le 1er septembre, dans l’avion pour New-York !!

1er septembre, c'est la rentrée dans l'avion
On met à profit chaque moyen de locomotion un peu tranquille pour travailler. A l’aller et au retour de New-York, dans l’Amtrack, train qui fait l’unanimité dans la famille. Dans le camping car (c’est pas arrivé souvent, ça bouge, on s’entend pas trop, pas idéal comme conditions), dans les avions.

 dans l'Amtrack, le train pour Montréal
 à l'aéroport de Lago Agrio, Equateur, et dans l'avion pour Quito
Mais le gros des cours a lieu dans nos logements, c’est à dire les appartements que nous louons pour quelques jours, le camping-car, les hôtels. Et parfois, dehors, dans des environnements bien agréables.
dans l'appartement de NY, où il faisait chaud et celui de Quito, un peu plus frais...


  au Canada, dans le camping-car et sur les tables de pique-nique avec papi et mami qui ont donné le coup de main en maths et pour la lecture


aux Galapagos, sur le bateau, quand ça tanguait un peu ; j'ai pris les photos puis suis vite parti à l'air libre...
Alors, c’est vrai que pour l’instant, nous avons fait la partie « facile » du voyage : appart à NY et Quito, camping car au Québec, des conditions « luxe » pour travailler. Et malgré deux excursions en Amazonie et aux Gala, que nous avons considéré comme de vraies vacances, nous avons réussi à maintenir le rythme. 

Après les Galápagos, nous entamerons une partie du voyage beaucoup plus itinérante où nous ferons de nombreux sauts de puce, dans des conditions un peu plus roots. Et puis Laurent et Phara nous rejoignant pour 3 semaines, on va éviter de leur faire subir des matinées un peu bloquées par les devoirs (ou alors, ils pourront donner cours pendant qu'on va se promener tranquillement - cette parenthèse donnera-t-elle lieu à un commentaire de leur part??). Une nouvelle étape arrive, on vous racontera.
espérons que la suite de l'école ne se passe pas dans ce genre de conditions, comme à l'aéroport de San Cristobal,
au retour des Gala...
En règle général, la classe se passe ainsi :
On débute entre 9 et 10h (selon la fatigue). Puis on bosse entre 1h et 1h30, puis pause de 15 à 30 min, puis rebelote pendant bien 40 min. On finit souvent vers 12h/12h30. Ensuite, le reste de la journée nous appartient pleinement (parfois, en ballade, on continue oralement les chiffres avec Antoine et calcul mental avec Nina et Romeo).
Il peut aussi nous arriver, lorsque la concentration n’était pas au rendez-vous le matin, de remettre le couvert en fin d’après midi.
 quelques soirées à travailler ou retravailler un peu, si ça baillait trop le matin
Enfin, la classe est parfois remplacée par des enregistrements d'exposés oraux que les enfants préparent pour leurs classe respective. ça demande pas mal de répétition pour que le phrasé soit le plus fluide possible, ça ressemble parfois plus à du théâtre qu'à un cours, mais ça plait à tout le monde et ça créée un vrai lien avec la classe, qui nous le rend bien. Les enfants ont été super contents de voir en photo leurs camarades de classe, de savoir que leurs exposés étaient écoutés, que cela suscitait des questions, bref, c'est un très bon outil à la fois pédagogique, mais aussi social.

ce que les enfants ont retenus de l'exposé de la classe de CE1 sur la tour de Pise
Ça, c’était pour le rythme. Parlons maintenant des relations élèves-profs et de notre nouveau métier.

Le comportement des parents
Bin…c’est pas simple. Au début, nous passions, Sandrina et moi, notre temps à hurler, surtout sur Antoine, le pauvre petit. Et Nina en prenait aussi (par Sandrina) quand elle ne se concentrait pas. Faut dire aussi qu’au début, ils ont eu tendance à tester nos limites : je ne suis pas certain qu’ils se permettaient, l’année dernière, de pousser des soupirs d’ennui, de rouspéter, de dire tout haut « j’en ai marre », etc. Et puis, d’une certaine façon, nous avons 3 niveaux assez différents. Même si ça commence à se niveler en un vrai CM2 et un CE1 homogène, au départ ce n’était pas facile.

Maintenant, je me suis calmé, Sandrina, elle continue d’hurler (hihi, c’est le privilège de l’auteur, il peut tordre la réalité comme il le veut…mais comme je sais que Sandrina va relire, je vais rétablir la vérité). Non, sérieusement, on va mieux, d’une part car on prend nos marques, d’autre part car on apprend la patience, la pédagogie, chose qui est loin d’être innée. Un grand chapeau aux profs qui arrivent à rester calmes avec des classes remplies d’enfants (j’espère secrètement que ça vous arrive d’hurler sur vos propres enfants ;). Bon, tout de même, Sandrina se met encore en colère parfois, mais à sa décharge, au fil du temps, c’est elle qui assure de plus en plus les devoirs, seule. Pendant que moi je regarde ce qu’on va faire, comment le faire, à quel prix, ect. Mais je suis encore présent, hein ?!, mais plus en appui quand les 3 assaillent Sandrina de questions « t’as écrit quoi là ? » « mais je comprends pas… » « j’en aiiii maaare ! ».

Et là où je suis scotché, c’est que lorsque que je dis à Antoine et Romeo, allez, aujourd’hui, c’est moi qui m’occupe de vous…tollé général : « non, c’est MAMAN, toi tu sais pas faire les jeux qu’elle nous fait » (tu parles, une dictée de mots où ils comptent leurs points à la fin…je sais très bien faire !). Et quand je dis « mais maman elle crie, moi beaucoup moins », ils me répondent « c’est pas grave ». Va comprendre Charles Baudry – petit jeu d’mot – c’est pour voir si Coco lit ces lignes ;).
Donc, moi, je m’occupe plus souvent de Nina. Mais avant, je vais d’abord prendre mes ordres chez la directrice Sandrina qui m’indique le programme à suivre pour la matinée.

Pour finir sur le « côté » parents, un truc qui nous manque beaucoup pour être plus efficace, c’est la préparation des leçons. Sandrina a fléché le programme à l’année, ça lui a pris pas mal de temps, mais au quotidien, un simple exercice type « fiche d’un pays » nécessiterait que nous prenions 20 mn seuls, avant, afin de faire le tri, de préparer les informations importantes. En général, on fait ça en live, c'est donc plus long. 

Enfin, il faut souligner un point très positif dans ce travail, du moins pour moi, c'est que je réapprends la langue française. J'utilisais jusqu'à présent l'imparfait de l'indicatif sans même savoir que ça s'appelait comme ça (je plaisante qu'à moitié...). Réapprendre ce qu'un adverbe, un épithète, ouahhh, ça me nait un bien fou...bon, je ne vais pas trop m'éterniser sur le sujet, des fois que mes employeurs liraient le blog...

Le comportement des enfants
Comme je le disais, au départ, ils testaient pas mal les limites. Maintenant ça va mieux. Eux aussi ont dû prendre leur marques : pas évident de travailler des fois le matin, des fois l’après midi, des fois en roulant, des fois 30 mn, des fois 2h…. Et quand on leur rappelle que leurs copains passent des journées entières en classe, Nina, qui a la répartie de sa mère, contre-argumente : « oui mais eux, ils ont plus de récrés, plus longtemps » « pi le samedi et dimanche, ils travaillent pas, nous oui » « et Nassera elle me crie pas dessus quand je comprends pas ». Des fois ce sont des arguments bidons, des fois ça fait mouche…

Nina nous a d’ailleurs bien fait rire le 17 octobre : après une conversation par watsap avec sa copine Léna (Léna, Nina, adore te parler pour que tu lui racontes tout sur la classe), elle raccroche en nous disant « ohhh, ils ont trop d’la chance à Champigny, ils sont en vacances ! ». On était sciés avec Sandrina.


Mais bon, on sent aussi qu'il faut pas trop relâcher la pression. Ces derniers jours, aux Galapagos, il était un peu dur de travailler sur le bateau. Sandrina a tenté le coup une ou deux heures, chapeau à elle et aux enfants car moi j'étais allongé sur le pont, les yeux fixés sur l'horizon pour que le mal de mer ne m'envahisse pas. Du coup, quand nous reprenons le travail plus sérieusement, installés confortablement à l'hôtel à San Cristobal, on sent de sérieux retours en arrière chez Antoine (ahhhh reconnaître les sons "é" et "è", le "gu" du "g", le 40 du 80....) et de sérieuses réticences de Nina (Romeo étant celui qui roule le mieux soit dit en passant, surtout en maths, où il nous scotche vraiment). C'est très temporaire, ça revient assez vite mais ça nous laisse éreintés... Et puis il faut parfois suspendre les devoirs pour cause d'imprévus, des défilés dans la rue par exemple, comme à San Cristobal.
à l'hôtel de San Cristobal, Galapagos, difficile pour moi d'être concentré face à la vue que l'on a depuis la terrasse...
...et quand la parade défile pendant les devoirs, alors c'est la récré
Voici donc le premier bilan de ces 2 premiers mois, et si l'on devait résumer en quelques mots : ça prend du temps mais c'est essentiel. Et enseigner est un vrai talent (que nous n'avons pas...), alors tout mon respect aux profs qui prennent leur métier à coeur et je sais qu'ils sont nombreux.  

A suivre...

Mateo