Je me souviens adolescent et jeune adulte m'acheter des magazines de voyages, Trek notamment, qui publiaient des reportages fabuleux sur le Canada et la région de Quebec. Les photos de ces milliers d'hectares de forêts, formant un tapis rouge et orange, un incendie de couleurs.
Bon, c'est vrai, que j’étais encore plus tenté par les Rocheuses canadiennes avec ses espaces encore plus démesurés, ses montagnes magnifiques, mais ça, ça peut être vécu à d'autres moments. Alors que les Laurentides en automne, ça ne peut être vu qu'en automne justement. Et maintenant que les enfants sont scolarisés, je n'avais pas envie d'attendre la retraite.
C'est donc ce raisonnement qui m'a conduit à fixer cette destination comme première étape. Et conditionné pas mal de choses finalement dans ce voyage, notamment son sens vers l'Ouest. De là, New York, à quelques encablures, coulait de source.
Par ailleurs, les parents de Sandrina ont peu voyagé et le Canada est une destination rêvée pour Antoinette. Et comme ils sont flippés de nous voir partir un an, d'être loin des enfants, alors on les fait nous rejoindre à Quebec. Ils pourront ainsi se rendre compte que le voyage n'est pas dangereux, que les enfants vont bien, sont forme, heureux de cette aventure. Nous, on a prévu les boules quies...
Nos attentes :
- conduire un GROOOS camping-car et jouer à la dinette dedans !
- voir des baleines, des caribous,
- pagayer sur un lac et voir une maman ours et ses trois petits sur la rive,
- des espaces immenses,
- la nature, (presque) intacte
- le sirop d'érable
Bilan dans 25 jours !
Et voici l’heure du bilan, environ 80 jours après la fin du Canada….
Personnellement, j’ai adoré, ce pays a rempli ses promesses :
- conduire un GROOOS camping-car et jouer à la dinette dedans ! Une expérience extra, un rêve d’enfant s’est concrétisé même si on était content de retrouver une chambre en dur, pour éviter d’avoir à tout plier et replier. Petit moment spécial : la vidange des eaux noires qui se déverse sur le terrain…ummmm un régal.
- voir des baleines, des caribous : OK fait. Moments magiques.
- pagayer sur un lac et voir une maman ours et ses trois petits sur la rive : OK fait ! on aurait préféré pagayer sous un soleil radieux mais avec le recul, c’était quand même drôle de tomber à l’eau. Instant magique : un élan qui traverse à la nage (ça remplace l’ours noir et ses oursons).
- des espaces immenses, des baleines : IMMENSE !
- le sirop d'érable. On en a pas trop pris finalement. Espérant que le flacon pour Stefania et pour l’école Marcel Cahin soit bien arrivé à destination (si la police n’a pas arrêté Lélé – en effet, ces petits flacons semblent être des objets suspects aux aéroports, ce qui provoque une fouille en règle).
- le temps passé avec beau papa et belle maman ; je pensais que la promiscuité ne serait pas évidente, mais ça s’est passé à merveille. Bravo à eux, qui malgré des douleurs au genou, un rhume carabiné ont suivi le rythme de nos ballades.
Les belles surprises :
- - les dunes et le camping de Tadoussac,
- - les bières artisanales de Quebec,
- - l’ambiance de Montréal
- - l’Amtrack
Ce que les enfants on adoré particulièrement :
Romeo : quand papi et mamie sont venus, la ballade de 4h (dans les Monts Valin – c’est là que nous avons découvert que Romeo avait un tempérament de petit aventurier), le camping avec l’accrobranche, le zodiac où on a vu papi et mamie sur l’autre bateau (limite ça lui a plus plus que de voir les baleines…), Val Jabert.
Antoine : le camping car et les campings, parce qu’il y avait tout le temps des jeux.
Nina : Tadoussac, les baleines en zodiac, les campings, surtout celui avec l’accrobranche (celui du Cap Jaseux), ce que j’ai adoré le plus c’est la village Val Jabert. J’ai pas aimé les chutes Waber (sous la pluie torrentielle)
Petits et grands regrets :
Petit : nous n’avons pas eu le temps de survoler la Mauritie en hydravion.
Petit : ne pas avoir dormi à l’Anse St-Jean, sur le parking face au Saguenay.
Grand : arrggghhh : on aurait dû rester 10 jours de plus pour vraiment profiter des couleurs d’automne. On est parti au moment où elles commençaient à éclater. Il est donc prévu que je reparte avec Lélé dans les Rocheuses canadiennes, cette fois, au mois d’octobre, 2016 peut-être si mes Cheffes sont d’ac (celle du boulot, Mélanie V. et celle de la maison, Sandrina F.). Et maintenant une petite compilation, peut être un peu longue au début, mais faut s’imaginer dans l’Amtrack, ça transporte…
Mercredi 30 septembre au vendredi 2 octobre
Après notre aventure du mardi, nous nous sommes octroyés une journée de repos et de préparation de notre prochaine transition : restitution du camping car et retour à Montreal.
Jeudi, nous rendons donc notre camper et je peux enfin lâcher (sans peur d'un mauvais oeil:-)) : ah ba ça c'est super bien passé avec ce camping car : 0 galère en 21 jours.
Effectivement ces 3 semaines passées à sillonner la nature québécoise se sont déroulées dans la plus grande sérénité (juste une fois, les clés oubliées dedans, enfermés dehors le temps de trouver - énorme coupe de bol - une fenêtre mal fermée).
Nous repartons avec des superbes paysages dans nos têtes et avec la satisfaction d'avoir vu le début de la transition automnale (et le petit regret de ne pas l'avoir vu les forêts à leur summum de couleurs).
On se rend compte que finalement les arbres changent de couleur très vite. Quasiment d'un jour à l'autre on pouvait voir les couleurs chatoyantes apparaitre.
Encore 5 jours sur place et je pense que nous assistions au feu d'artifice de couleurs qui faisait tant rêver Mathieu.
Nous n'avons pas eu le feu d'artifice mais ses prémisses et c'était déjà Whaou!!
Nous nous installons à l'hôtel et nous partons directement en balade.
Les enfants sont hyper motivés, nous leur avions promis un MacDo!! Etant donné que nous avions passé les quelques jours à vider nos réserves de bouffe du camping car : nous étions plus au régime haricot verts, poissons...
Après le festin chez Ronald, nous nous sentons fatigués et décidons de faire une pause avant de repartir.
Les batteries rechargées nous nous rendons au Parc du Mont Royal qui était assez près de notre hôtel.
Bon ben comme son nom l'indique le parc du Mont Royal c'est un mont, donc ça monte, sacrément, j'ai l'impression de gravir les marches de la Tour Eiffel.
Mais comme d'habitude, toute peine mérite salaire et là nous arrivons au point culminant du parc qui délivre une vue panoramique de Montreal de toute beauté.
Et puis sous nos yeux s'organise un cours collectif d'aérobic.
Le prof : un charmant David!
Comment je connais son nom? Vous allez comprendre juste après.
Voyant de l'animation, Nina, Antoine et Romeo se rapprochent et se placent à l'extérieur du cercle formé par les sportifs et commencent à suivre eux aussi les mouvements suggérés par le prof.
L'assemblée ne tarde pas à repérer ces 3 petits qui essayent péniblement de faire des pompes et le prof les invite à rejoindre le groupe et à se placer au centre du cercle.
Et voilà!!! Les voilà embarqués dans le cours avec David qui prend particulièrement bien soin des enfants en les plaçant de telle sorte qu'ils fassent correctement les mouvements et en expliquant à Romeo que s'il faisait 30 secondes de gainage par jour il serait fort comme le fer... ok message reçu par maman aussi!!!
Je faisais remarquer à Mathieu que nos enfants avaient un don : celui de s'approprier et de personnaliser les moments qu'ils vivent. Ils ne sont pas simplement spectateurs de ces moments mais ils réussissent à en faire des moments rien qu'à eux.
Et moi je regarde cela en me disant que c'est une super ressource dans la vie!!!
Nous nous rendons compte aussi que les montréalais sont de sacrés joggers : non seulement ils ne courent pas sur du plat mais ils courent carrément en montant les marches infinies qui mènent au point le plus haut du parc.
Il n'en fallait pas plus à Mathieu : ce sera son défi sportif du lendemain matin.
Euhhh ok bon courage mon chéri!!
Vendredi, Mathieu fait son jogging au Mont Royal : Whaou!!
Pendants ce temps là, je fais travailler les enfants et nous nous préparons pour aller au coeur de la vieille ville.
Un peu de shopping utile : veste de pluie imperméable pour moi, couteau suisse pour Mathieu.
Et là je vis quand même, je dois le dire, un grand moment de frustration : tant de boutiques de chaussures, des doudounes Canada Goose à perte de vue....et rien, je ne peux rien acheter car je sais que je ne peux rien ajouter dans mes sacs.
J'étudie seule tous les stratagèmes possibles : je pense même à abandonner tous mes livres; comble du désespoir pour faire rentrer une paire de shoes!!
Verdict de Mathieu : n'y pense même pas!!!
Nous continuons donc à explorer la ville jusqu'à arriver au port et là nous voyons une tyrolienne géante. Mathieu saute sur l'occasion et motive les garçons pour le faire avec lui. Je ne suis pas du tout d'accord (et je réussis à démotiver les gars : ouf!!). mathieu y va tout seul et se fait plaisir :
Après cela, nous nous apprêtons à vivre un moment comme à la maison. Nous avions envie de nous faire un ciné à Montreal : certainement la dernière occasion d'assister à une projection en comprenant les dialogues.
Alors c'est parti pour Hôtel Transylvanie 2.
Nous passons un agréable moment et repartons à l'hôtel dîner des soupes réchauffées au micro ondes (Mmmm....beurkkkk) et repréparons nos sacs.
Car le lendemain, nous reprenons le train de Montreal vers NY.
Oui vous savez le super train, hyper confortable et surtout connecté au WIFI!!!!
C'est d'ailleurs de là que j'écris.
Mardi 29 septembre - attention, texte un peu long...(je ne suis pas connu pour mon esprit de synthèse...)
Sur les conseils de Laurent et Phara, nous voulions faire du
canoë en espérant voir quelques ours sur les berges des lacs. Nous faisons le
choix d’une balade à la journée sur le lac Wapizagonke. Il faut faire une heure
de canoë, puis une heure de marche pour aller observer les chutes Waber (sont-elles
jolies ? aucune idée, mais vu la rando pour y aller, j’imagine que oui), puis
pareil pour le retour. Avec les enfants et le picnic nous prévoyons 2 bonnes
heures de plus, soit 6 h aller-retour. Un petit aperçu de la rando sur ce site : petit descriptif de la rando vers les chutes Waber
On se lève tôt, on fait les sandwichs et direction la
location de canoë, avec une légère appréhension : il fait gris, le ciel
est plombé.
Le loueur nous prévient : la météo annonce des orages.
Comme la veille une employée du Parc était bien plus positive sur la météo, on
décide de la croire elle. Et puis laisser passer une journée pour faire du
canoë le lendemain (la météo prévoyant le retour du soleil) ne nous arrange pas
trop dans notre planning puisque nous devons rendre le camping car jeudi, ce
qui veut dire que le mercredi doit être consacré aux lessives et rangement.
Donc, on tente le diable. Je dis à Sandrina, surtout pour me
rassurer « et puis une bonne drache nous fera des souvenirs »…
Nous prenons possession des pagaies et gilets de sauvetage.
Les enfants dissertent sur ce qu’ils ont appris avec papi Pierre sur son canoë.
La première partie se passe à peu près bien. On prend nos
marques avec Sandrina dans un bras du lac qui fait un S (donc on s’échoue une
au deux fois sur les berges). Je suis plutôt surpris de la technique des
enfants dans l’art de la pagaie. Non seulement ils ne perdent pas leur rame (ce
à quoi je m’attendais) mais en plus ils rament plutôt bien. Je leur fais le
compliment et ils me répondent : « c’est grâce à papi Pierre. Et
aussi qu’il nous laisse nous mettre debout dans son canot, en s’accrochant à la
corde ». Ne disposant d’aucune corde dans mon canot, Antoine n’aura pas le
droit de se lever…
Puis mon sens inné de l’orientation nous fait perdre bien 45
min, pourtant j’avais un plan…. En même temps, le lac est séparé par un chenal
(qui ressemble à un ruisseau) d’environ 100 ou 200 m, tout en méandres et très
peu profond. Comment imaginer qu’il s’agit de l’itinéraire que des centaines de
touristes doivent emprunter l’été ?? Bref, on perd du temps, on patauge
(il est finalement plus simple de descendre du canoë pour le pousser), et on
repart ; le temps d’intervertir les enfants dans les canoës.
On sort enfin de ce « ruisseau » et repartons à la
rame. Nina était morte de rire sur le ruisseau car Sandrina fonçait dans les
berges, les arbustes, ect. Pas plus que moi, ceci dit. On fait maintenant la
course avec Sandrina, qui me gagne. Antoine, qui était tellement prompt à ramer
avec moi, n’en fiche pas une sur le canot de Sandrina.
Arrivés au bout de l’heure de canoë qui s’est transformée en
presque 2 h, on range les canoës sur le côté puis on repart, à pied. Ça grimpe
un peu, mais ça va. Et au bout d’une bonne heure, on arrive enfin à notre
objectif….sous la pluie. Et oui, elle commence à tomber. On descend une pente
assez raide et des escaliers pour observer le chutes d’en bas, qui sont
effectivement splendides.
Le temps de descendre, la pluie s’est transformée en déluge.
On va donc tester l’imperméabilité de nos vestes. Je range mon téléphone et
mes jumelles dedans, pour les protéger (je dis ça car ça a son importance pour
la suite…). Je pense à ma mère qui avant le départ me conseillait de prendre
des affaires plus longues, pour protéger les jambes…
En remontant, le sentier se transforme en torrent de terre
et d’épines de pin. 15 mn plus tard, nous sommes tous trempés (ma veste est
bien imperméable, mais je l’ai ouverte pour la mettre sur le sac à dos qui
contient toutes nos affaires importantes – copie passeports, portefeuille,
appareil photo..). Nina et Antoine passent la plus grande partie du trajet
retour à pleurer. J’ai beau essayer de trouver des histoires, ça n’aide pas
beaucoup. Puis vers la fin, trop c’est trop. Tonio éclate vraiment en sanglots.
Ça fait 45 mn qu’il marche dans son jean trempé, il a froid. Je le porte pour
les 10 dernières mn (il s’arrête instantanément de pleurer…). Romeo lui est un
super aventurier! Il a beaucoup râlé au début, mais quand il s’est aperçu qu’il
était le seul à ne pas pleurer, je ne l’ai plus entendu, limite il sifflait.
On arrive au canoë avec une pluie qui s’est bien calmée
(mais qui ne s’arrêta pas). On avait laissé un sac de change sous le canoë, il
est donc sec. On met un pull à Antoine, dont la veste est bien étanche. Nina,
en revanche est trempée. Elle enlève tout, met un pull sec et je lui file ma
veste. La sienne servira à protéger le sac à dos de Sandrina. Moi, je
continuerai en t-shirt (quel homme non ??)
On y retourne pour 1 heure de canoë sous la pluie. Pourtant, je
ne peux m’empêcher de trouver l’instant magique. D’accord les enfants sont
frigorifiés, mais ils s’en remettront, et même, s’en souviendront avec une pointe d'allégresse. Et
ce lac, calme, avec la pluie qui mouchète sa surface, l’unique bruit de
nos pagaies, je trouve ça sublime (même les enfants ont cessé de pleurer..mais
pas pour longtemps).
Donc, on n’entend plus les enfants, stones…On pagaie et nous
finissons par atteindre la moitié du parcours : le petit chenal qui
raccorde les deux parties du lac (rappelez vous les photos plus haut).
Nous descendons, cette fois directement en pantalon et
chaussures, ça ne change rien de toutes façons. Je tire mon canot. Sandrina le
sien. Puis un passage plus profond, on peut remonter dedans. J’y vais. Et là…le
drame : j’entends derrière moi « ploucchhhfr » (c’est difficile
à retranscrire le bruit d’un plouf…) et Nina qui crie et pleure et Sandrina qui
jure. Je me retourne : elles ont chaviré (dans 70 cm d’eau, rien de
grave), mais Nina est en pleurs. Sandrina, épuisée a mal ajusté son pied, a
ripé et retourné le canot. Je cours, avec Sandrina, nous remettons le canot
d’aplomb et je transporte Nina dedans, toujours saisie et pleine d’effroi. Elle
goutte comme une passoire pleine d’eau. Sandrina n’en peut plus. Et pas de
bol : le sac si important (argent, carte bleue, papiers, appareil photo…)
est tombé à l’eau. Et ma veste, que j’ai donnée à Nina, bien qu’imperméable,
n’est pas insubmersible (rappelez vous où j’ai rangé mon téléphone et mes
jumelles ?). Aïe, toute notre vie est trempée. Pour l’heure, il
pleut, Nina pleure, Sandrina est au bout du rouleau, on verra plus tard pour
les affaires. Je tire les deux canots jusqu’à retrouver la seconde partie du
lac. Et suffisamment de profondeur pour ramer. Et c’est parti pour la dernière
ligne droite. Sandrina qui me distançait sur la première partie du voyage est
enfin à la traîne (je savais que je pouvais la battre !!).
Et là, malgré toutes ces difficultés, instant de grâce…Sandrina
me dit : là bas, c’est quoi ? un élan ? ahh non, un morceau de
bois qui flotte. Mais..si !! Un orignal ! On reste bouche bée,
observant l’animal traverser la rivière (on ne savait même pas que ça nageait).
On retient nos canots pour rester groupé. On attend 3, 4 minutes le temps qu’il
atteigne l’autre rive. Il est loin, mais on le voit quand même bien. Je dis à
Sandrina, dans l’autre canoë, vite, passe moi l’appareil photo. Non
catégorique : n’oublions pas qu’il continue de pleuvoir et Sandrina
devrait se contorsionner pour l’atteindre, et trempée comme elle est, chaque
mouvement est pénible.
Tant pis, on observe, c’est un moment magique, même si Nina
commence à s’impatienter : « bon, on y va, j’ai trop froid ».
Elles y vont, je reste un moment avec Antoine et Romeo, qui commentent
l’animal : il a les pattes blanches, et des cornes, une bosse…Et on y
retourne, car moi aussi je commence a avoir froid.
On rejoint Sandrina et Nina. Dans cette déveine (quoique, on
savait le risque qu’on prenait, et vu la tête du ciel, on se doutait que ça
tomberait), on a un peu de chance, il fait doux. On a froid mais plus parce
qu’on ne bouge pas (ou peu pour Sandrina et moi). De temps en temps, des
courants d’air me traversent, mais globalement ça va. Vers la fin, on arrive
même à rigoler tous ensemble de nos mésaventures. On pense à ce qui nous ferait
plaisir : la maison, une cheminée, ne pas tomber pour Nina (j’en profite
ici, puisque c’est elle qui est tombée à l’eau, pour dire toute l’admiration
que j’ai pour cette petite fille qui, malgré son jeune âge, a une vision très
clairvoyante des choses, très juste ; elle sait mettre les choses en
perspectives, et ainsi, savoir ce qui est important. Et pour ne rien gâcher,
elle est très drôle, a la répartie facile, comme sa mère, et tout ça me rend
vraiment très fier).
Enfin, nous arrivons, nous sommes seuls, comme quasiment
toute la balade (nous avons croisé 4 personnes en 6 heures). Nous rangeons les
canots, et filons au camping car. Je voulais prendre une photo de nous tous,
trempés jusqu’aux os, mais priorité aux enfants dont la ligne d’arrivée, si
proche, fait fondre les dernières résistances (sauf pour Romeo, brave petit
guerrier, qui aide vaillamment Sandrina).
Sandrina change les enfants dans le camping car, ils sont transis mais sautent de joie. Ils se
mettent en pyjama et polaire ; moi j’allume les gazinières et lance la
génératrice pour faire fonctionner la clim, température demandée : 30
°.
Ça y est, nous sommes sortis d’affaires. On prend un gros
gouter et direction Louiseville, à 1h30 du Parc de la Mauricie, pour nous
rapprocher de Montréal où nous devons rendre le véhicule dans 2 jours.
On pensait que les enfants s’écrouleraient de fatigue, ils
sont très réveillés, jouent ensemble, rient à gorge déployée. Ils ont besoin de
se détendre après tant d’émotions.
On se souviendra tous de cette magnifique journée !!
Lundi 28 septembre
On s'y plaît bien dans ce Parc. On reste à traîner jusqu'à midi, le temps de travailler un peu et de rattraper le retard sur le blog. Puis on bouge d'endroit, direction l'opposé du Parc, pour aller louer un canoë. Le temps de manger en chemin, de s'arrêter à droite à gauche, de croiser maître Renard, on arrive trop tard pour se lancer dans une expédition sur l'eau.
On se renseigne sur les locations pour le lendemain et les ballades à faire. On finit pas se promener sur le sentier des cascades, qui l'été, doit être plein de monde qui pique-nique et fait trempette. L'endroit est idyllique.
On finit ensuite dans le camping avec un petit feu au programme. Les enfants sont ravis et se coucheront en sentant la fumée. Allez, bonne nuit tout le monde, la journée du lendemain sera riche en émotions. Si si !!
Après une bonne session de devoirs, je pars faire un footing sous le
soleil (celui là, il ne nous aura pas lâché du séjour : cool !!).
Bon attention au mot, je fais un footing avec une foulée que Mathieu
décrirait de marche rapide et uniquement pendant 22 minutes. Oui je suis hyper
précise car chaque seconde de footing me pèse !!! Mais comme je n’ai pas
pu emmener mon vélo elliptique (je comprends pas pourquoi ??) et que je
dois quand même me dépenser un minimum, je suis obligée de faire ce que je
déteste le plus au monde : courir !!!
J’avoue que ce qui me motive c’est que c’est un moment où je peux
écouter MA musique à fond et être seule.
Et puis ce jour là tout particulièrement, j’espère aussi que mon footing
va me permettre de mieux gérer l’émotion liée à la séparation d’avec mes
parents qui repartent dans l’après-midi à Paris.
C’est la première fois que je suis amenée à me séparer de mes parents et
j’aime pas des masses, même à 37 ans!!
Nous avons passé un super séjour avec eux : ils sont faciles à
vivre, s’adaptent à tout (même aux marches que nous leur faisons
faire !!), tellement bienveillant avec les enfants qui les adorent.
Leur accent italien à couper au couteau a encore bien faire rire les
enfants qui ne s’en lassent jamais.
Bref, nous débordons d’amour pour eux !!
Merci papa et maman d’avoir pris l’avion (et ils détestent ça) pour être
les premiers à nous rejoindre dans notre aventure à 5.
Je suis ravie que vous ayez fait le premier grand voyage de votre vie
avec nous et au Canada qui a toujours tant fait rêver maman.
Du coup maman tes rêves sont maintenant devenus des souvenirs !!!J’aime bien ça car j’ai toujours pensé qu’il valait mieux faire qu’en
rêver !!!
Et papa, tu vas retrouver, je crois, ta maison avec bonheur car on t’a
fait beaucoup gambader et avec ta bronchite, ce n’était pas pour toi toujours
facile, je le sais.
Quoiqu’il en soit, comme prévu, la séparation a été un
déchirement : Antoine voulait carrément repartir avec son papi et sa
mamie.
Nina se demandait comment elle allait réussir à se passer d’eux pendant
un an, alors qu’ils venaient les chercher tous les jours après l’école. Et
Romeo, ayant été le plus courageux jusque là s’est également laissé envahir par
les larmes !!
Bon ben nous voilà repartant de l’aéroport en pleurnichant.
Nous nous retrouvons à 5 : le camping car nous paraît être un
loft !!
Et finalement c’est reparti pour l’aventure.
Nous enchaînons car nous décidons de faire la route jusqu’au parc
national de la Mauricie.
Nous y arrivons un peu tard et nous avons de la chance de trouver une
place car le camping est plein : le lendemain il y a un running
prévu !!!
Nous dormons sur le seul emplacement restant : et nous dormons donc
penchés et en plus le froid continue à gagner du terrain!!! N’ayant pas
l’électricité, et ne voulant pas mettre en route la génératrice (nous le
faisons 2 mn mais avons honte de tout le raffut qu’on fait), nous mangeons à la
frontale et essayons de nous réchauffer avec le gaz de la cuisinière.
Dimanche 27 septembre
1er objectif dès le réveil : m’assurer que papa et
maman sont bien arrivés à Paris et que ma sœur a bien récupéré mes 2 colis.
Une fois que je suis rassurée sur ce point, nous enchaînons avec la
classe. Et oui il n’y a plus de week-end messieurs dames !! D’ailleurs les
enfants ont arrêté de s’insurger de travailler le samedi et le dimanche.
Finalement je pense qu’ils ont pesé le pour et le contre et qu’ils y trouvent
bien leur compte à leur vie scolaire telle qu’elle s’organise depuis notre
départ.
Et l’après midi, nous partons faire une marche de 8 kms. Ca c’était ce
qui était prévu. Mais voilà à peine avons nous démarré, qu’Antoine commence à
se plaindre de la dureté de la balade.
A sa décharge, c’est vrai que quand une balade commence direct avec le
dénivelé sans transition, ça peut décourager !!
Nous continuons en essayant diverses méthodes de remotivation et/ou diversions
mais ça marche moyen. Du coup nous raccourcissons la marche à 5,5 km.
Mais encore une fois, le décor est splendide mais ne suffit pas à faire
taire Antoine.
Bon on va donc dire qu’il a galéré pendant 3 heures.
J’explique à Mathieu que parfois t’as les jambes et parfois pas (en fait
ça valait pour Antoine …..et pour moi J).
ça y est ! les couleurs automnales apparaissent ! enfin !! (les 2 dernières photos, c'est dans le camping, pas mal non ?)
Mathieu qui n’en a pas assez, part courir ses 10 km et revient en
s’étant fait une petite frayeur : il a rencontré un ours ? non… juste
un gros porc-épic, qu’il a confondu de loin avec un bébé ours.